Voici quelques éléments qui sont les fondements de notre action. De manière globale, c'est la reconnaissance d'un besoin de vie en communauté, et la juste appréciation des causes et des conséquences qui permettent cette vie et de celles qui l'empêchent. A partir du moment où nous sommes assez adultes pour respecter certains principes simples, énoncés rapidement ci-dessous, alors la vie en société, la vie sociale devient possible. Le meilleur moyen en est la Monarchie, qui permet à tous de s'épanouir selon ses capacités et ses besoins, comme nous allons le voir.

L'intérêt général

L’intérêt général est celui de tous et non celui de la plupart fussent-ils nombreux, voire majoritaires. C’est l’ensemble des conditions qu’il est nécessaire de remplir pour que la survie de chacun, la pérennité de la nation et de la civilisation qu’elle a généré soient assurées. C’est non seulement la conservation mais la fructification du patrimoine commun. On est loin du fonctionnement républicain des partis politiques qui sont des défendeurs d'intérêts catégoriels et pour lesquels le long terme est hors de la vue.

Perspectives

Chaque homme voit très bien comment et pourquoi sa vie personnelle et familiale s’organise et sa compétence dans ce domaine privé est grande. Personne ne peut se substituer à lui dans les décisions qu‘il y prend sauf s’il en fait une expresse demande. Charbonnier est maître chez lui nous dit la sagesse populaire.
Dès qu’il s’agit des affaires de sa cité ou de sa province, et même s’il est très au fait de ce qui s’y passe, cette primauté décisionnelle n’est plus évidente car nombre des problèmes abordés dépassent souvent sa compétence et presque toujours son niveau d’information. De plus, il est rare qu’il puisse trouver le temps nécessaire pour combler ces manques, ses occupations professionnelles et la conduite même de ses affaires personnelles et familiales lui en ôtent le loisir. Il est donc normal que le pouvoir de décider soit délégué - vers le haut - à plus compétents et plus disponibles que lui.

Ce qui est vrai pour la cité et la province l'est bien plus encore pour un gouvernement national. Il y a donc, là encore, et plus encore qu’aux échelons intermédiaires, nécessité de délégation - vers le bas, cette fois, ce qui s'appelle le principe de subsidiarité.

J’ai retenu trois instruments peu ou pas utilisés de nos jours pour que le peuple puisse se faire entendre de l’autorité Royale, à savoir : le placet, la représentation par tirage au sort et le consentement à l’impôt.

Le placet - ou requête, ou pétition - n’est pas une nouveauté mais son utilisation au 17ème siècle dans une société inégalement alphabétisée, démunie de moyens rapides et automatiques de traitement de l’information, ne pouvait qu’être marginale. Il n’en est plus de même aujourd’hui, bien au contraire et le placet pourrait constituer un moyen simple et efficace de relier le Roi a son peuple.

Le placet est l'outil de communication qui relie le Roi ou ses représentants et les Français. Chaque Français étant conseiller ordinaire et naturel du Roi peut à tout moment émettre un avis, une critique, présenter une requête ou exprimer un désaccord. Il dispose pour cela d'un outil, le placet

Le placet est un courrier personnel identifié par un code secret dans lequel sont précisés les caractères sociologiques du rédacteur. Comme l'ensemble des placets est traité statistiquement, il est en effet indispensable de pouvoir rapprocher une opinion émise, d'une situation socioprofessionnelle précise afin d'obtenir par compilation une bonne appréciation de l'état de l'opinion en face d'un problème donné. Les placets arrivent en permanence au Bureau du Placet où des fonctionnaires spécialement formés les exploitent pour en faire des synthèses. Les résultats de ces synthèses sont évidemment publics et chacun peut en prendre connaissance. Ils sont très utiles pour consolider l'information du Roi et du gouvernement et les aider dans les décisions qu'ils doivent prendre.

L'opportunité du placet est laissée à l'initiative de chaque Français mais le roi ou ses représentants ont bien évidemment toute latitude d’en appeler l'émission.

Certains Français, moins à l'aise que d'autres dans le maniement de l'écrit, choisissent de se faire aider et constituent, par regroupement d'affinités, des clubs de réflexions ou des partis politiques sans que le placet perde pour autant son caractère d’expression personnelle.

Tout les placets ne sont donc pas émis seulement à l'intention du Roi. Certains le sont à destination du gouverneur, d’autres à celle du maire. C'est la raison pour laquelle il existe un bureau du placet dans chaque province ou dans chaque ville un peu importante. Quelques placets sont réservés à un rôle prédéfini, ce sont les placets de désaveu que chaque français peut utiliser pour demander au gouverneur la destitution du maire ou au Roi celle du gouverneur.
Une utilisation particulière du placet est trouvée dans la procédure de désaveu. Le désaveu est une opinion de défiance exprimée envers un Maire ou un gouverneur défaillant. S'ils ne doivent pas céder aux facilités de la démagogie et plaire à tout prix, il ne faut pas, au rebours, qu'ils suscitent des réprobations qui pourraient générer des tensions exagérées car la situation ne serait alors bonne pour personne. Le désaveu est donc un signal d'alerte qui appelle l'attention du souverain sur un problème de personne. A lui d'agir par le moyen d'une enquête ou d'une action judiciaire pour prononcer, le cas échéant la destitution d'un titulaire d'une charge et pourvoir à son remplacement

Le placet n’est cependant pas un vote et il ne saurait être comptabilisé comme tel pour dégager une éventuelle majorité.
C’est un avis, une opinion qui participe à l’information du Roi ou de ses représentants en leur faisant connaître les préoccupations et les éventuelles suggestions des Français. L’ensemble du processus statistique qui réalise le traitement fait largement appel aux techniques informatiques de sorte que le Roi et ses sujets disposent là d'une connexion à la fois directe, exhaustive et rapide, donc, efficace.

L'intervention du hasard dans la désignation de représentations populaires peut surprendre mais c’est pourtant par ce moyen que sont constitués de nos jours les jurys d’assises. Les légistes Vénitiens qui utilisaient ce système pour élire le Doge avaient en effet bien compris que l’acte de candidature était le poison qui ruinerait leur société.

C’est Vauban qui a inspiré la notion de consentement à l’impôt. Non content d’être un remarquable ingénieur, Vauban était aussi un homme généreux et juste et il avait compris que pour le bien de tous, et pour l’efficacité de l’action royale, l’impôt devait réunir trois critères : être modéré, être payé équitablement par tous, être consenti.

L'institution

Dans ce qui suit monarchie est entendu dans son sens restrictif de gouvernement par un Roi et exclut donc le sens général de gouvernement par un seul qui pourrait être un dictateur ou un despote.
Si l’on veut éviter les malheurs qu’amène la république, il faut se souvenir qu’ils trouvent leurs sources dans la brièveté des mandat, dans la députation briguée par des candidats et dans l’interposition de coteries apparentes, les partis, ou cachées, les lobbies. La monarchie est, pour ainsi dire, génétiquement, préservée de ces tares.
L’institution royale a pour elle la durée, c’est une évidence, à cause de la transmission par héritage de la fonction et du pouvoir. Ce genre de transmission est de loin le plus répandu dans la vie courante que ce soit au niveau personnel et familial qu'à celui de grandes collectivités agricoles ou industrielles. La transmission héréditaire présente deux caractères bien discernables qui expliquent la faveur dont elle jouit: c'est une pratique naturelle et performante.

Que la transmission de père à fils d'un bien, d'un patrimoine, d'un savoir soit une démarche naturelle n'est pas à démontrer car c'est un constat. Il en découle très généralement l'acquisition d'une très grande valeur affective, voire sacrée, de la part du récipiendaire pour l'objet transmis, que ce dernier soit matériel ou incorporel, modeste ou important. De là découle peut-être l'idée de monarchie de droit divin.
Que cette transmission soit performante est enseigné par l'histoire. Les capétiens, en France, ont eu des hauts et des bas, mais la progression du royaume qu'ils ont conduit, vue du haut des siècles, est impressionnante et toute à l'opposé de ce qui s'observe pour des républiques ou des empires. Elle est également enseignée de nos jours par l'observation de quelques grandes entreprises industrielles.Les entreprises familiales sont mieux gérées, moins endettées et moins aventureuses alors que les gros entreprises apatrides et anonymes sont bien souvent des tremplins pour des carriéristes ambitieux dont l'horizon n'est borné que par leur seule réussite. La preuve en semble assez éclatante pour ne pas s'appesantir sur ce sujet.

Je compléterais ces observations en notant que beaucoup de capitaines d'industries ou de politiciens républicains tendent à introniser leurs fils ce qui démontre leur attirance instinctive pour la notion de lignée, donc de monarchie.

Le Roi

Le Roi est l’incarnation de l'institution. Il assume une charge qu’il n’a pas briguée et à laquelle il ne peut se soustraire. Il est le continuateur d'une lignée dans laquelle la succession automatique assure une parfaite continuité de la fonction sans rupture aucune. La formation par l’exemple, dès l’enfance, dans le respect des lois naturelles, donne au futur Roi les indispensables qualités morales que son exigeante fonction nécessite

Le Roi est garant de l’intérêt général tel que défini plus haut. Il est donc garant de la conservation et de la prospérité du patrimoine commun et de la pérennité de la nation.
Il assure personnellement les missions essentielles que sont la justice, la protection de ses sujets et la représentation du Royaume dans les affaires extérieures. Il est, d’évidence, chef des armées.
Pour le reste, il est aidé dans sa tâche par un gouvernement qu’il nomme, et qui est responsable devant lui
Des chambres d’expertise que sont la Cour des comptes, le Parlement et les Cours de justice participent dans leur domaine de compétence à la bonne administration du royaume.
Dans chaque province du royaume, il choisit un gouverneur parmi les maires, eux même élus par leur concitoyens, gouverneurs à qui il confie la conduite des affaires locales.
Il entretient avec son peuple une relation directe permanente par le moyen du placet.
Il écoute, il arbitre, il décide. Il assume la responsabilité des affaires du quatrième des cercles de décision que sont la famille, la cité, la province et le royaume. Il délègue très largement pour celles du troisième et n’intervient pas dans celles du second ainsi que bien évidement du premier.

Dans le royaume, la morale a le pas sur la politique qui a le pas sur l’économique. Et la morale, pour le Roi est fille de la religion.

Les Français

Sont français tous ceux qui le peuvent par le sang reçu ou le sang versé et qui, de plus, en manifestent l’ardente vocation.

Le peuvent, très naturellement, ceux qui sont nés de parents également français. Longtemps, cette seule condition de filiation était suffisante, car filiation sous-entendait transmission de valeurs dont l’amour de la patrie. Durant les trente dernières années du vingtième siècle cette transmission naturelle n’a plus été assurée et il n’est plus sûr que tout ceux qui pourraient être français de naissances souhaitent l’être lorsqu’ils sont parvenus à l’âge des mûres décisions.

Depuis quelques décennies, une immigration massive a installé sur le territoire toute une population qui, ouvertement, récuse non seulement la nationalité mais, plus grave, la civilisation, les us et coutumes du pays qui l’accueille. Il faut donc que ceux dont l’un seul des parents est français ou ceux qui sollicitent une naturalisation fassent preuve d’une implantation locale notable et d’une adhésion culturelle avérée.

Adhérer à la culture française c’est reconnaître et respecter son inspiration chrétienne, c’est parler et écrire le français de façon courante et naturelle, c’est connaître et suivre les usages communs. L’ensemble de ces conditions est garanti par un parrainage et constaté par une commission royale.

Tous, français naturels ou français par adhésion, doivent affirmer dès leur vingtième et unième année leur ferme attachement à leur patrie en prêtant solennellement serment devant le représentant du Roi de l'aimer, d'en défendre l'intégrité et la culture, au péril, s'il le fallait, de leur vie. Conséquence logique de cet engagement, tous, dans les modalités fixées par la Loi se forment aux techniques qui leur permettraient, le cas échéant, d'être utilement intégrés, suivant leur force et leurs moyens, à une force armée de défense.

Tous les français qui ont fait allégeance au Roi doivent, en complément de leur serment, un service qui les forme à leur futur état de conseiller ordinaire du Roi et les prépare à un éventuel besoin de défense du royaume. Ce service est adapté aux forces, aux compétences et aux disponibilités de chacun et peut donc prendre plusieurs formes .
- Soit un service accompli sur un an en une seule fois,
- Soit un service accompli sur plusieurs années par périodes de courte durées.
- Soit un service à temps partiel sur une période resserrée n’excédant pas trois ans.

Cette formation, car c’en est une, comporte une part théorique et une part pratique qui vise essentiellement à acquérir la maîtrise du maniement des matériels.
Certains de ceux qui optent pour un service continu court peuvent être incorporés les régiments que chaque province entretient pour la sécurité rapprochée des populations et comme partie des armées royales.

Les uns et les autres, par la vertu de leur serment, deviennent ainsi conseillers naturels et ordinaires du Roi par le bénéfice du droit de placet. Ils participent directement à la vie du royaume chaque fois que le Roi ou ses représentants lui demandent avis ou approbation. Dans ce qui suit, à chaque fois qu’il sera noté Français, avec une majuscule, ce sont ces français-là dont il sera question.

Certains ne peuvent ou ne veulent s’engager si formellement dans l'amour d'une patrie commune. C’est leur libre décision et il convient de la respecter. Il vivent très normalement dans l'ensemble du Royaume, mais comme ils ont par leur refus, clairement indiqué que la destinée proche et lointaine du pays est hors de leur souci, il est donc logique qu'ils soient déchargés des moyens d’y veiller et qu’ils ne participent pas aux décisions qui déterminent justement un avenir qui leur indiffère. Ils est non moins juste que, n’ayant pas consenti les efforts qu’impliquent un service de défense, ils contribuent un peu plus que les autres au financement de la vie commune. Il leur est cependant loisible d'intégrer à tout moment la communauté française du Royaume en se présentant volontairement devant la commission royale de serment.

La qualité de sujet du roi de France est exclusive de toute autre et se perd par toute appartenance parallèle à une obédience étrangère. Bien évidemment, outre les raisons symétriques à celles qui l’ont fait acquérir, elle peut également se perdre à la suite de condamnations pour crimes ou délits. Il ne serait pas concevable qu’un escroc, un voleur, ou un assassin puisse prétendre devenir ou rester conseiller ordinaire ou naturel du Roi.

L’ensemble des Français constituent le peuple français et sont la partie la plus importante des habitants de la France. Le destin de ceux qui, nés sous d'autres cieux, ambitionnent de se fixer dans le royaume est de tout faire pour acquérir la qualité de français par le mérite et l'adhésion.

La famille

La vie privée de chacun s'épanouit naturellement dans la famille, cadre affectif, moral et solidaire indispensable à son bonheur et à sa sécurité.

Qu’est-ce qu’une famille ?
" Au sens large, c’est l’ensemble de tous ceux qui sont réunis par des liens de filiation ou d’alliance, ensemble qui peut être agrandi jusqu’à constituer un clan ou une tribu. Mais au sens étroit, celui que nous comprenons le mieux aujourd’hui, c’est un père, une mère et leurs enfants, groupe qui peut s’agrandir en se divisant quand les enfants eux-mêmes fondent leur famille et donnent à leurs parents des gendres, des brus et des petits-enfants
Le fondement de la famille, c’est l’engagement pris par deux époux d’unir leurs efforts pour donner la vie à leurs enfants et les élever et les éduquer, engagement connu sous le nom de mariage. Cet engagement est grave, il ne devrait être ni pris ni rompu à la légère et si la religion catholique le déclare perpétuel : « jusqu’à ce que la mort sépare » les conjoints, la loi naturelle elle-même voudrait qu’il dure au moins tant que les enfants ont besoin de leurs deux parents (sauf exceptions découlant de situations particulièrement dramatiques).
"

Dans son sens restrictif et initial, une famille est donc composée d’un homme et d’une femme ayant le projet commun d’avoir des enfants. Dès lors que cet objectif est réalisé, l’homme devient alors le père et la femme, la mère. Le père assure en théorie l’essentiel de la sécurité physique et matérielle de la famille et la représente dans les actes de la vie sociale. On dit qu’il est le chef de famille. La mère a la charge de maintenir au foyer l’amour et la tendresse qui en est le ciment et qui la solidifie. Elle est maîtresse de l’éducation affective et morale des enfants. Père et mère sont ensemble le plus solide bouclier protecteur pour la santé morale des enfants.

Que ce soit dans son sens restrictif ou dans son sens élargi, la famille est le premier acteur et le premier responsable de l’éducation des enfants. La famille est une mini-cellule sociale dans laquelle les enfants apprennent naturellement, que pour vivre ensemble, il faut s’aimer beaucoup et se gêner un peu et ne pas rechigner à l’effort. C’est la raison pour laquelle les enfants issus de famille un peu nombreuse sont plus épanouis que les rejetons uniques facilement un peu égoïstes et intolérants.

Il en résulte que la famille rend à la collectivité un service inestimable en agissant à la source contre les causes principales des comportements délictueux : l’égoïsme, la paresse et le mépris des autres. C’est pourquoi les mères de familles, autrefois appelées fort justement Maîtresses de Maison, méritent largement de recevoir en retour une légitime rétribution. Le Roi le protecteur déclaré de la famille, y veille personnellement.

La Représentation populaire

Dans le Royaume de France, on vote beaucoup pour désigner des représentants bien que personne ne puisse être candidat. Ceux qui sont proposés aux suffrages de leurs concitoyens sont désignés par tirage au sort à partir des listes électorales, listes qui comportent en plus de l'identité et du domicile des électeurs, leur état social. Les uns sont salariés, les autres fonctionnaires, d'autres encore exercent une profession libérale, d'autres enfin sont commerçants ou artisans. Toutes ces catégories constituent en effet quoiqu'implicitement des sortes de collèges électoraux.
L'analyse de ces collèges détermine une sorte de profil sociologique de la cité de la province ou du royaume et sert à déterminer la composition des chambres et des conseils. Il est évidemment indispensable que les représentations soient au mieux le reflet de la société réelle.
Le tout se rapproche beaucoup d'une cooptation. Les élus sont en place pour de courtes sessions principalement consacrées à l'adoption des budgets et à la validation des Lois. Les durées courtes, quelques mois, permettent que tous puissent accepter la charge qui leur est confiée et afin que les risques de corruption qui ne manqueraient pas de se produire à la longue soit minimisés.
Les élus sont conseillers au niveau de la commune et de la province. Pour le royaume , on parle de députés.

La Cité

L’homme est un animal grégaire et se rassemble dans des communautés où sont réparties les tâches et où il bénéficie d’une solidarité mutuelle. Un ensemble de familles ainsi regroupées constitue une cité. Une cité existe par le sentiment d'appartenance et d'identité ressenti par ses habitants.

La cité la plus simple est le village. Les habitants d’un village qui peuvent aisément se connaître y bénéficient naturellement de l’environnement social solidaire et chaleureux qui est nécessaire à l’épanouissement de leur vie familiale et privée.

Ceux des grandes villes connaissent une situation différente. La taille de l’ensemble rend les contacts moins faciles et pour eux, le quartier ou l'arrondissement constituent le périmètre dans lequel ils peuvent nouer une relation de voisinage .

Pour tous, la cité établit les conditions matérielles et morales d'une vie en sociale agréable et commode. Elle entretient et améliore les équipements communs, elle assure la paix et la sécurité publique ordinaires. Toutes ces tâches sont confiées à quelques citoyens qui ont été sollicités pour les assumer et qui en ont accepté la responsabilité.

Le principal responsable de la bonne marche de cette communauté est le maire. Qu'est-ce qu'un bon maire ? Une personne honnête, aimant la cité pour y vivre depuis longtemps et peut-être y être né, courageux et honnête, de bon conseil avec une solide expérience de la vie c'est à dire ayant famille, le reste étant bien connu de ses connaissances et de son entourage.

Le maire est choisi par tous les Français du lieu, parmi ceux qui présentent les caractères ci-dessus. Ils sont signalés à l’attention de leurs concitoyens en puisant dans les listes électorales car, outre l’identité, ces listes indiquent les trois ou quatre critères socioprofessionnels, qui permettent une présélection. La désignation finale est obtenue par un vote qui installe le maire pour une durée variable assez longue pour qu’il se rôde aux affaires, mais pas trop néanmoins, afin qu’il ne soit pas atteint par des tentations qui terniraient à la fois son efficacité et son honneur. Il faudra un événement grave ou une bronca persistante pour que le maire soit remplacé dans l’intervalle. Une situation de ce genre, quand elle survient donne alors lieu à une procédure de désaveu arbitrée par l’autorité provinciale.

Le maire choisit une équipe d’adjoints pour constituer son conseil rapproché et assumer par délégation les tâches qu’il ne veut ou ne peut remplir directement. Il est de plus assisté pour des fonctions techniques par des conseillers professionnels permanents que l’autorité provinciale met à sa disposition pour des durées adaptées. Il en est ainsi pour les affaires financières, techniques et la rédaction des arrêtés municipaux.
Chaque français peut intervenir dans la gestion de sa cité en siégeant dans un conseil municipal ou, plus communément en usant de son droit de placet. Il peut arriver que le maire sollicite formellement l’avis de ses concitoyens en organisant un référendum. La tâche principale du Conseil Municipal est d'examiner, d'amender et d'approuver le budget de la ville et, particulièrement, de consentir à l'impôt.
La cité est très largement autonome et ne dépend de la province que pour les équipements communs qui sont sur son sol, routes, canaux ; rivières, centrales d'énergie ; réseaux de distribution, etc. Elles est cependant soumise aux lois communes, provinciales et Royales.

La Province

La province est un terroir, un mode de vie, un passé commun qui regroupe les cités qui se reconnaissent une affinité naturelle dans ces domaines. Un Gouverneur y coordonne les efforts de chacun pour que le bonheur d'y vivre soit réel. Le gouverneur est l'un des maires de la province. Il est nommé par le Roi et quitte sa charge de maire dès sa nomination. La charge de Gouverneur dure tant que le Roi la juge bien remplie ou qu'elle n'est pas interrompue par une procédure de désaveu. Comme le Maire d'une cité, le gouverneur a autour de lui un conseil dans lequel il a placé des gens de compétences particulières, tous issus de la province, et spécialisés dans les domaines divers que requiert sa gestion.

La Province assure sa police intérieure et entretient une prison. La Justice y est rendue au nom du Roi pour connaître et statuer de tous les délits ayant porté atteinte à l'intégrité des personnes ou des biens. Elle dispose de plusieurs cours réparties sur son territoire avec des compétences diverses dont l'une appelée Cour d'Assise juge des crimes de sang.

Comme la Cité, la Province élit chaque année un Conseil qui examine, amende et approuve les budgets.

Le Gouvernement

Comme déjà dit, le Roi règne, mais il n'administre pas. Pour cette fonction il s'appuie sur un gouvernement dont il oriente la conduite des affaires et qu'il charge de tout ce dont il ne peut s'occuper personnellement, ce qui le conduirait à perdre de vue la perspective du long terme qui est la sienne, celle du gouvernement étant le court et le moyen terme.
Le Gouvernement est dirigé par un premier ministre, choisi et nommé par le Roi, à cause de la confiance qu’il place dans sa compétence, son talent et son honnêteté. C’est le premier ministre qui pressent ceux qui seront ses proches collaborateurs et qui en propose la nomination au Roi.
Les ministres sont les chefs des administrations royales. Ils veillent à la conservation et au progrès du patrimoine commun. La police, les coordinations sociales, économiques et sanitaires, la création et le fonctionnement des équipements collectifs nationaux, ports, aéroports, la production de l'énergie, les grands travaux d'utilité publique sont de leur ressort.

Le Gouvernement se charge également de mettre en place et d'entretenir les forces armées dont le Roi a besoin et pour la mise sur pied desquelles les Français ont accepté d'inclure des dépenses dans les budgets du Royaume. Il assure la collecte des impôts et organise la mise en action des finances royales.

Il décerne au nom du Roi les diplômes, brevets, et grades et fixe les connaissances qui les rendent valides ainsi que les moyens de les contrôler. Tous les établissements d'enseignements qui préparent les étudiants à atteindre ces objectifs sont naturellement agréés pour présenter leurs élèves devant les commissions d'examens.

Le lieu où se coordonne l’action personnelle du Roi et celle, collective de son Gouvernement est le Conseil Rapproché. Y siègent, outre le premier ministre, cinq autres ministres. Ce sont le ministre des affaires étrangères, celui de l’intérieur, celui de la défense, celui des Finances et le garde des Sceaux. Toutefois, si une question particulière le nécessite, tout autre ministre, expert ou simple sujet peut y être entendu. L’héritier du Roi, assiste progressivement aux conseils en fonction de son âge, sans toutefois y participer de façon active. Il écoute mais n’opine pas. C’est ainsi qu’il se forme progressivement à la conduite des affaires, ce qui ne l’empêche pas de recevoir une éducation spécifique qui fait progressivement de lui un homme très au fait des problèmes de sa charge, dont notamment, dans les domaines de la géopolitique, l’économie et l’art militaire.

Les Chambres et Cours

Les Cours des Lois sont des chambres de juristes qui élaborent et mettent en forme convenable les Édits, Lois, codes et règlements qui formalisent la vie politique et sociale du royaume et des provinces. Ce sont des institutions en quelque sorte techniques. L’initiative de la Loi est entre les mains du Roi, même si des propositions émanent des gouverneurs ou sont exprimées par une convergence populaire exprimée par le moyen du Placet.
Leurs travaux sont soumis à une représentation de conseillers ou députés élus qui représentent le peuple et siègent pour de sessions d'approbation courtes mais régulières. Les Lois deviennent édits royaux ou provinciaux par acceptation conjointe du Roi (ou de son Gouverneur) et des représentations populaires, chacune en ce qui la concerne. Les édits royaux qui concernent des dispositions d’intérêt général s’imposent à tous mais les décrets provinciaux qui règlent au plus près des impératifs et conditions locales, les rapports entre les habitants de la province ne concernent que ces derniers.
En particulier, la Cour des Edits traite les problèmes d’incompatibilité qui pourraient surgir entre des usages locaux et les édits royaux.

Les Cours des Comptes, où siègent des experts en finances publiques élaborent les budgets et en suivent l’exécution. Elles délèguent certains de leurs membres auprès des collectivités locales pour servir de conseillers assistants techniques dans la conduite de leurs propres budgets. Par là s’établit la nécessaire cohérence entre toutes les provinces dans la gestion des fonds collectés par l’impôt. Les travaux des cours des Comptes sont présentés au Roi, les budgets qui en découlent sont soumis à l’acceptation des Français pour consentement à l’impôt par l'intermédiaire de leur représentation élue, siégeant en session ordinaire de courte durée pour l'examen, l'amendement des budgets et pour le consentement à l'impôt.
Il y a une cours des Comptes au niveau du gouvernement et une dans chacune des provinces et des principales grandes ville du royaume.

L'impôt

L'impôt résulte de la nécessité pour chacun de contribuer aux dépenses communes telles qu'elles sont décrites dans les budgets des villes des provinces et du royaume. Il constitue la principale ressource des collectivités. L’impôt est levé par trois groupes de prélèvements :

- Une contribution directe,
- Une taxe indirecte sur les transactions,
- Des taxes spécifiques diverses.

La contribution directe est proportionnelle au revenu supposé et est payée par tous les habitants sans exception. Son montant est suffisamment élevé pour que la conscience de dépense commune soit perçue par chacun mais il est suffisamment léger pour rendre la fraude vaine et laisser à tous le maximum des ressources à lui procurées par son travail.

La taxe sur les transactions s'applique à toutes les transactions de toute nature constatées par factures dans toutes les acquisitions de marchandises, de biens, de valeurs. Le taux en est cependant aussi bas que possible.

Des taxes diverses servent à collecter des ressources nécessaires à la mise en place et à l’entretien d’équipements semi-collectifs et pour lesquels les utilisations par chacun sont trop diversifiées. Les autoroutes, les usines de productions d’énergie, sont deux exemples de ce genre de dépenses. Elles servent aussi a modérer des comportements qui ont d’évidence, des conséquences néfastes pour le reste de la collectivité. L’usage du tabac, de l’alcool sont des exemples de tels comportements.
Un conseil d’experts qui siège auprès du Roi avec des délégations provinciales, observe en permanence si l’ensemble des ressources ainsi prélevées reste dans des limites acceptables pour la santé économique de tous, particuliers ou collectivités, ou Etat.

L’impôt découle directement des budgets, celui du Royaume, comme ceux de la province ou de la cité, mais puisque les Français par leur travail, génèrent les richesses sur lesquelles sont prélevées les contributions, il est légitime qu’ils aient droit de regard sur les budgets collectifs.
C'est la tâche essentielle des Conseils municipaux et provinciaux et de la Chambre des députés qui travaille en session courtes mais qui sont assistés par les experts des Cours des Comptes.

La Solidarité

Si le Roi peut encourager vivement ses sujets à se montrer solidaires les uns des autres, il ne lui appartient pas de confisquer leur générosité en décidant à leur place des modalités par lesquelles elle s’exerce.

C'est dans la famille que se développe d'abord une solidarité et la vie associative est l’outil privilégié qui coordonne les efforts de quelque envergure. C‘est par là que les forts aident les faibles et que les faibles trouvent les moyens d’atténuer leurs souffrances et de faire face aux difficultés qui les dépassent. Le Roi incite vivement ses sujets à s’impliquer dans les associations en général, mais surtout dans celles dont le but est généreux et altruiste.

Pour autant, le Roi ne peut pas se désintéresser des conséquences qui découlent de catastrophes naturelles ou accidentelles lorsque, par malheur, elles se produisent. C’est pourquoi, les cours des Comptes prévoient chaque année dans les budgets publics des fonds de solidarité qui peuvent être mis en action quand besoin est. Lorsque des besoins surgissent le gouvernement royal et les gouvernements provinciaux disposent ainsi de ressources pour financer les actions que les événements imposent. La partie la plus évidente et visible de ces actions est l'existence d'hôpitaux et de dispensaires, moyens traditionnels par lesquels s'exerce la sollicitude du Roi envers les plus pauvres.

L'Ecole

L’école reçoit les enfants très tôt avec l’objectif principal de leur transmettre un savoir et en tout premier lieu, parler, lire et écrire leur langue maternelle. Les maîtres ont cette charge mais comme les enfants qui leur sont confiés sont très jeunes donc très influençables, ils ont par conséquent et complémentairement aux parents, un rôle d’éducateurs. Les exemples qu’ils donnent, les comportements qu’ils exigent, les préceptes qu’ils transmettent sont décisifs pour la formation intellectuelle, sociale et morale de leurs élèves. Trop d’entr’eux depuis trop d’années ont oublié ce devoir ou, plus grave, l’ont dévoyé au profit d’idéologies et de philosophies pernicieuses.

Dans le royaume de France, les parents ont donc le libre choix de leur école et peuvent refuser de confier leurs enfants à des maîtres auxquels ils ne pourraient faire une confiance entière. L’école est donc libre. Cette liberté est le moyen naturel, meilleur que la plus sévère censure, qui est donné aux familles pour que l’école prolonge dans la direction qui est celle de leur choix, l’éducation qu’ils souhaitent pour leurs enfant.

Le ministre du Roi, chargé de fixer les cahiers des charges qui régissent le contenu des enseignements, niveau, par niveau, et qui constate aux moments des examens en vue des diplômes, l’obtention des résultats attendus, veille à ce que les financements de solidarité ne soient pas attribués à des écoles qui favoriseraient une idéologie ou une philosophie qui contreviendraient aux lois de la morale naturelle.

La Religion

Il s’agit ici de la religion qui a servi de levain à notre culture et à qui nous devons quelques génies comme Pascal ou Racine pour ne citer que des classiques, donc de la religion catholique romaine. Autre caractère remarquable, cette religion a toujours enseigné et prescrit des comportements indispensables à une vie sociale harmonieuse : respect de l’autre dans sa vie et ses biens, respect de soi-même et, en ceci elle mérite, même de la part de ses détracteurs et en dépit des défaillances de certains de ses ministres, respect et considération.
Pour autant, chaque Français est libre de croire ou de ne pas croire en Dieu, c’est son affaire et nul n’a le pouvoir de l’y forcer au plus profond de sa conscience. Mais le Roi, lui, doit être expressément catholique. C’est une question de conformité avec les Lois fondamentales du Royaume mais c’est aussi une protection contre le despotisme.
Gouverner suppose des qualités morales et altruistes dont l’absence chez les politiciens républicains est justement la cause de l’avilissement rapide des républiques.

Il est certain qu’on trouve des personnalités athées qui furent de grandes figures de justice et de générosité et qu’il existe symétriquement de parfaits gredins qui eurent une éducation chrétienne. Mais il faut pondérer cette observation en constatant que ceux-là appliquaient instinctivement une morale directement héritée de la morale chrétienne alors que ceux-ci furent pervertis par l’ambition et l’arrivisme. Or que peut ambitionner un Roi qu’il n’ait déjà, et quelle fonction peut-il briguer puisqu’il assume naturellement la plus haute ?

La religion catholique installe la transcendance comme garde fou de la royauté et protège le Roi contre lui-même pour notre propre sécurité. L’adhésion du Roi à la religion catholique est un puissant facteur de cohésion sociale car elle a un effet dissuasif pour l’implantation durable de populations allogènes notamment celles venant de régions fortement islamisées dont on sait que la culture est inassimilable.

La catholicité du Roi est solennellement établie par le sacre qui relie par une tradition au moins millénaire les premières dynasties de la France au monarque le plus actuel. La cérémonie qui se déroule à Reims attache la royauté toute entière, peuple et monarque aux les racines les plus profondes de la Nation.

Patrimoine commun

L’eau, l’air, la terre et le feu sont des éléments naturels qui n’appartiennent à personne en particulier mais à tous en général.

L’eau, celle qui ruisselle comme celle qui dort, celle qui nous vient du ciel ou celle qui sourd des montagnes est certes gratuite mais cependant le porteur d’eau de jadis était légitimement rémunéré pour sa peine de portage. De même, les sociétés industrielles qui conduisent jusqu’au cœur des maisons, l’eau dont tous ont besoin sont naturellement rémunérées pour leur travail. Simplement, le gouvernement du Roi et en son nom les Gouverneurs, concèdent les gisements et impose les cahiers des charges pour l’exploitation. C’est dans le même esprit que les concessions pour l’exploitations des mines et des gisements minéraux divers sont accordées à des industriels.

L’air que nous respirons est également un fluide gratuit. Cependant, comme son usage biologique ou industriel l’altère, le gouvernement du Roi fixe les normes de rejets de sorte que les conséquences d’altérations importantes soient minimisées et qu’on travaille sans relâche à obtenir des exploitations de plus en plus propres.

La terre, celle que l’on cultive, qui nous nourrit, ou celle que, simplement on admire et on aime, sera léguée aux générations futures et il est justement dans l’action d’un Roi, à cause de sa vue particulière du long terme de veiller à ce qu’elle ne soit pas avilie, qu’elle nourrisse les hommes mais qu’elle leur offre de surcroît un environnement harmonieux et pérenne. Il charge par conséquent le Gouvernement de poser les conditions et les limites qui doivent régir son exploitation.

Feu égale énergie et première d’entre-elles l’énergie nucléaire. Née sous le signe de la guerre et de la mort, elle est néanmoins l’énergie de l’avenir quoi que des marchands de peur en répandent. Mais justement à cause des dangers incommensurables que provoqueraient des dévoiements de son exploitation, il n’est pas possible d’en confier la maîtrise à des intérêts particuliers si compétents et si bien outillés soient-ils. Le service de la production d’énergie est donc un service Royal. Ce qui n’empêche aucunement que la charge de la distribution des produits soient concédée à des entrepreneurs qui auraient la compétence et les outils pour le faire. Les mêmes considérations d’intérêt général conduisent à mettre sous tutelle royale ou provinciale les activités qui aliènent le territoire commun, comme par exemple les ports, les routes, les voies de chemin de fer, les rivières et les canaux.

Rédigé d'après "Un Roi pour la France", de Paul Turbier.
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